Ces temps-là étaient précaires.
Beaucoup
de
turbulences
guerrières
surgissent,
avec
en
particulier,
les
raids
des
"Hommes
du
Nord",
les
NORMANDS,
qui
vont
tenir
le
bas
Poitou
sous
leur
menace
pendant un bon siècle et demi.
Au Xème siècle l'ensemble de la France est recouvert de forêts.
Les routes n'existent pour ainsi dire plus.
Les transports se font par voie d'eau ou à dos d'homme.
Quelques clairières çà et là rassemblent les groupes humains.
Les
peurs
ancestrales
de
l'humanité
ressurgissent,
plus
vives
que
jamais
:
la
famine,
la
maladie, la guerre ...
Alors
les
villages
se
resserrent
frileusement
derrière
les
palissades,
à
l'ombre
des
hauts
donjons de bois.
De
profondes
mutations
politiques
et
sociales
vont
voir
le
jour
en
France
à
cette
époque,
et se développer petit à petit.
C'est ce qu'on appelle la féodalité.
Puisque
le
pouvoir
central
est
incapable
d'assurer
la
paix,
ce
sont
les
"grands"
dans
chaque
région,
dans
chaque
domaine,
qui
vont
petit
à
petit
garantir
la
sécurité
de
leurs
gens.
Se tisse alors un réseau de dépendance d'homme à homme.
Le
territoire
français
va
se
diviser
en
multiples
cellules
autonomes
ou
presque
:
duchés,
comtés, vicomtés, puis seigneuries, châtellenies.
Chacun,
du
haut
en
bas
de
l'échelle,
possède
des
droits
qu'il
tient
de
plus
haut
que
lui,
et
a des devoirs à accomplir.
Le
seigneur
qui
possède
une
terre
peut
y
construire
une
fortification
destinée
à
protéger
les gens et les biens.
Et les donjons fleurissent, signes visibles de la puissance du seigneur.
C'est
aussi
l'âge
d'or
de
la
chevalerie
avec
ses
rites
(adoubement,
quintaine),
et
son
code
d'honneur (la défense des causes justes).
Les petites gens vivaient durement.
"Taillables
et
corvéables
à
merci",
les
paysans
étaient
soumis
au
caprice
de
leur
châtelain.
Redevances,
corvées,...
ne
leur
laissaient
pas
grand
chose
pour
entretenir
leur
famille,
et
leur nourriture consistait essentiellement en pain et légumes (fèves, choux ou pois).
La
viande
restait
un
luxe
rare
et
les
troupeaux
de
porcs
que
l'on
menait
à
la
glandée
(nourriture
à
base
de
glands
de
chênes
et
de
faînes
de
hêtres),
fournissaient
du
lard
pour
les jours de fête.