Nous
sommes
à
la
veille
de
la
Grande
Révolution
Française,
de
sourds
grondements
l'annoncent,
c'est
un
monde
qui
va
basculer
et
Louis
Isaac
de
Marconnay
(1755-1796)
ne
possédera pas le Puy du Fou très longtemps.
Dés
le
début
du
soulèvement
de
Vendée,
le
château
se
trouve
au
centre
de
la
région
tenue
par
les
blancs.
Avec
la
"Virée
de
Galerne"
(16
octobre
au
23
décembre
1793),
la
situation
va
évoluer très vite évoluer.
Le 8 novembre 1793, le citoyen BARON rentre et investit la commune des Epesses.
Avec
ses
hommes,
il
capture
une
trentaine
d'homme
coupable
d'avoir
prit
les
armes
contre
la
République.
Dans
la
foulée,
il
perquisitionne
le
Puy
du
Fou
à
la
recherche
du
sénéchal
Girault
qui
a
juste
le
temps
de s'enfuir.
Le
nouveau
seigneur
était
né
le
10
mars
1755,
d'une
vieille
famille
Bas-Poitevine,
dont
une
branche
possédera la Débutrie, en Rochetrejoux.
Il avait épousé cinq ans avant son acquisition du Puy du Fou, Louise de Badier.
Il
entra
dans
d'armée
Royale
comme
tous
les
nobles,
participa
en
1789
aux
Elections
pour
les
Etats
Généraux.
Ensuite
répondant
à
l'appel
des
Princes,
frères
de
Louis
XVI
(
1754-1793),
part
en
Emigration
pour
rejoindre
le
Comte
d'Artois,
le
futur
Charles
X
(1757-
1836).
Louis de Marconnay fit la Campagne de 1792, passa en Angleterre et de là, tenta de rejoindre les Chouans
de Bretagne.
Il
fut
tué
dans
un
obscur
combat
en
1796,
et
sa
veuve
se
trouvant
à
Londres,
recevait
une
lettre
datée
du
10
avril
1796,
dans
laquelle
son
correspondant
écrivait :
"Sur cent cinquante qui sont passés ici, il y en a cent qui voudraient n'y être jamais venus".
Avant
d'émigrer
et
même
avant
d'en
avoir
terminé
avec
le
paiement
du
Puy
du
Fou,
Louis
de
Marconnay
revendit
ce
domaine,
le
17
janvier
1791,
pour
882.400 livres à Clément-Charles-François de L'Averdy (1723
1793), Contrôleur Général des Finances, protégé de Madame de Pompadour
(1721-1764).
Clément-Charles-François de L'Averdy fut victime de la Terreur.
On
l'accusa
d'avoir,
comme
Contrôleur
des
Finances,
été
l'un
des
instigateurs
du
fameux
"Pacte
de
Famine"
destiné
suivant
les
Révolutionnaires,
à
affamer
le peuple, et d'avoir, pour augmenter la disette, détourné d'énormes quantités de blé, qu'il aurait fait jeter dans les étangs de sa propriété de Gambais.
Il fut arrêté, jugé et guillotiné le 23 novembre 1793.
Mais
fait
curieux,
de
L'Averdy
ne
figure
pas
dans
le
contrat
d'acquêt
(Biens
acquis
au
cours
du
mariage
et
appartenant
aux
deux
époux)
du
Puy
du
Fou, du 17 janvier 1791.
Ce fut un de ses gendres, le marquis de Belbœuf qui fut porté comme acquéreur.
Monsieur de L'Averdy eut trois filles :
1°) Catherine-Elisabeth, mariée à Arnault de la Briffe,
2°) Angélique, mariée à Louis-François Godard de Belbœuf
(1757-1832),
3°)
Mélanie,
épouse
de
Louis
Henri
de
Sesmaisons
(1751-1830)
,
explorateurs,
comme
nous
l'avons
déjà
écrit,
des
soi-disant
souterrains
du
Puy
du
Fou
après la Révolution.
De
L'Averdy
ne
résidait
pas
au
Puy
du
Fou,
mais
au
château
de
Gambais,
près
de
Montfort
l'Amaury.
Pendant
ce
temps-là,
le
Puy
du
Fou
était
habité
et
administré par deux hommes totalement différents : le
Sénéchal et le Notaire.
Le Sénéchal était un officier féodal ou royal et rendait la Justice dans toute l'étendue de la Baronnie et administrait les domaines de son Seigneur.
Depuis 1780, c'était Charles-Joachim Girault de la Limouzinière qui remplissait ces fonctions.
Le Notaire était Gabriel-Vincent Chenuau
(1755-1821)
.
La Guerre de Vendée fit de ces deux hommes, des ennemis.
Le
premier,
Charles-Joachim
Girault
de
la
Limouzinière
était
né
en
1742
à
La
Ferrière,
près
de
La
Roche
sur-Yon
et
avait
épousé
le
9
mai
1780
au
Tallud-
Sainte-Gemme,
Jeanne-Charlotte
Merlet,
de
Saint-Paul-en
Pareds,
sœur
de
Merlet
qui
fut
Préfet
de
la
Vendée
à
la
fin
de
la
Révolution,
et
vint
cette
même
année 1780
s'installer au Puy du Fou dont il devint le Sénéchal.
Les
Girault
appartenaient
à
cette
bourgeoisie
vendéenne
que
nous
retrouvons
en
ce
Haut-Bocage
exerçant
de
multiples
charges
de
judicature
(chargé
de
rendre la justice)
.
Quand éclata l'Insurrection Vendéenne, Girault opta résolument, dès le premier jour, pour le mouvement
insurrectionnel.
Il s'efforça de protéger le domaine du Puy du Fou de la rapacité de Chenuau.
Dès 1793, il fit partie du premier, puis du second Comité Contre-révolutionnaire des Epesses, mis en place par l'Etat-major des Armées Vendéennes.
Au sein de ce Comité, il prendra des initiatives qui lui vaudront la haine du suivant.
Gabriel
Vincent
Chenuau
(1755-1821),
notaire
du
Puy
du
Fou,
était
né
aux
Epesses
en
1776,
de
René
Vincent
Chenuau,
notaire
et
procureur
de
la
Baronnie
des Epesses, et épousa Charlotte Martineau, parente du
célèbre proconsul qui révolutionna Saint-Fulgent.
Dès le début, Chenuau se lance à fond dans les idées révolutionnaires, multiplie les persécutions contre les
habitants restés fidèles à leur Religion.
Il devint aux Epesses, l'émule du proconsul Jean-Baptiste Carrier
(1756-1794),
de Nantes, et ses victimes y furent nombreuses.
Pendant que sa fortune à la faveur des acquisitions des Biens Nationaux, devint considérable.
Parmi ses victimes, il faut compter Charles-Joachim Girault, de la Limouzinière, dernier sénéchal du Puy du
Fou.
Si
bien
que
lorsque
l'insurrection
éclata,
il
fut
pris
par
les
Vendéens
et
emprisonné
aux
Herbiers.
Là, Charles-Joachim
Girault
et
cinq
autres
Membres
du
Comité
Royaliste
des
Epesses,
Fuseau,
Rayneteau,
Lerin,
Brondit
et
Brousseau,
forcèrent
Chenuau
à
leur
remettre
la
somme
de
10.440
livres,
provenant
de
la
vente faite par lui, de biens et objets mobiliers saisis nationalement sur Joseph-Gabriel Grignon
(1735-1805),
marquis de Pouzauges.
Somme qu'ils remirent au Général de Donissan
(1737-1794),
commandant en second de l'Armée Vendéenne.
Il réussit après cette restitution forcée à obtenir sa liberté.
Il
se
réfugia
avec
sa
famille,
sous
la
protection
de
l'Armée
Républicaine
cantonnée
à
La
Châtaigneraie.
Là, tant
son
zèle
révolutionnaire
était
grand,
qu'il
réussit
à
se
faire
élire
Administrateur
du
District
de La
Châtaigneraie.
Girault,
jusqu'à
la
fin
de
1793,
officiellement,
puis
clandestinement,
continua
à
administrer
le
domaine
du
Puy
du
Fou,
mais
Chenuau
ne
pardonnait
pas
cette
restitution
forcée
des
10.440
livres que Girault et les
habitants des Epesses considéraient comme de l'argent volé.
Nous arrivons au temps des JUGEMENTS et EXECUTIONS
Dès
le
début
de
novembre
1793,
alors
que
l'Armée
Vendéenne
bataillait
Outre-Loire,
les
révolutionnaires
locaux
demandèrent
aux
troupes
républicaines
cantonnées
à
Cholet
d'opérer
une
descente
vers
les
Epesses
afin
de
purger
cette
commune
des
éléments
contre-
révolutionnaires.
Le
8
novembre,
le
citoyen-lieutenant
Baron,
Garde-magasin
de
la
garnison
de
Cholet
répondant
à
leur
appel
était
aux
Epesses
et
Chenuau
lui
remit
une
liste
de 26 habitants de cette commune que Baron fit arrêter
immédiatement.
Sur cette liste figurait le Sénéchal Girault.
Ces
26
habitants,
sauf
Girault,
qui
réussit
à
se
cacher,
furent
envoyés
à
la
Commission
Militaire
de
Saumur
qui
les
jugea et les fit exécuter.
Et le 13 novembre 1793, Chenuau écrivait à Baron de retour à Cholet :
"Il nous faudrait encore Girault. On m'a assuré qu'il était caché à la métairie de Roche-Neuve, commune de Saint-
Malo-du-Bois ...".
Mais Girault était introuvable.
Une
de
ses
cachettes
était
la
métairie
de
la
Garouflère
sur
la
route
d'Ohambretaud,
non
loin
du
Puy
du
Fou,
qu'il
administrait toujours.
Pendant
que
Chenuau
régnait
en
maître
sur
le
territoire
des
Epesses,
les
sinistres
Colonnes
Infernales
lancées
contre
la
Vendée
par
la
Convention
apeurée,
commençaient
leur
œuvre
de
destruction.
L'une de
ces
Colonnes,
celle
de
Boucret
venant
de
Mallièvre
et
des
Châtebliers
Châteaumur,
envahit
les
Epesses
au
soir
du
26
janvier
1794, sous la pluie et la neige.
Le lendemain et les deux jours suivant, aux Epesses on tue, on viole, on incendie, on jette même les femmes
et les enfants dans des fours enflammés.
Et le Puy du Fou subit le sort commun.
De la Garouflère où il se cachait, le sénéchal Girault pouvait contempler avec douleur l'incendie dévorer le
beau domaine qu'il administrait.
Nous arrivons à l'incendie du château.
Certains ont écrit que le riche mobilier du château devint à cette occasion, la proie des flammes.
Rien ne prouve qu'il fût meublé à cette époque.
Un nouveau propriétaire venait de l'acquérir.
Il n'y vint probablement jamais et n'eut certainement pas le temps de le meubler.
Ce fut probablement un château vide qui flamba.
Monsieur
de
L'Averdy
résidait
en
son
château
de
Gambais
et
à
Paris
où
l'appelaient
de
multiples
charges.
Et puis le Puy du Fou ne brûla qu'en partie.
Certainement le grand corps de logis aujourd'hui en ruines, mais pas l'aile gauche.
Et
même
le
Chartrier
(collection
des
documents)
,
les
titres
de
propriété,
les
livres
de
comptes
du
domaine
restèrent
enfermés
dans
des
placards,
dans
le
pavillon
du
XVème
siècle
qui
se
trouve
à
l'extrémité
de
l'aile
dite
de
l'Orangerie
et
ce
jusque
vers
1949
date
de
leur
transfert
aux
Archives
Départementales de la Vendée.
Charette
et
Sapinaud
à
la
tète
des
quelques
hommes
restés
au
pays
ou
revenus
d'Outre-Loire,
s'opposèrent vigoureusement aux Colonnes Infernales.
Un
peu
de
tranquillité
régna
de
nouveau
sur
le
Bocage
et
Charles-Joachim
Girault
reprendra
peu
à
peu
ses
fonctions
de
Sénéchal
du
Puy
du
Fou.
Le
27
mai
1794, il s'occupait encore de l'administration du domaine.
Pas pour longtemps, car au cours d'une expédition des amis de Chenuau dans le bourg de Chambretaud,
Joachim Girault était massacré.
La
date
exacte,
on
ne
la
connaît
pas,
mais
son
décès
est
mentionné
sur
la
liste
des
victimes
établie
le
19
juin
1794,
par
l'abbé
Gabard,
curé
de
Chambretaud.
Ce
fut
le
dernier
Sénéchal
du
Puy
du
Fou,
et
l'année
suivante,
le
nouveau
propriétaire
envoie
de
sa
Normandie,
un
régisseur,
Gilles
Benoit
Lelièvre, qui devint parent et ami de Chenuau
(1755-1821).
Et
là,
ce
qui
prouve
que
le
Puy
du
Fou
ne
fut
pas
totalement
incendié
par
la
Colonne
Infernale
de
Boucret,
ce
fut
la
construction
ordonnée
par
le
marquis
de
Belbœuf pour loger Lelièvre, d'une petite maison à
l'extrémité du grand corps de logis.
Elle
était
presque
terminée,
lorsque
celui-ci
arriva
au
Puy
du
Fou
et
voyant
que
l'aile
gauche
n'avait
pas
été
détruite,
préféra
y
aménager
son
logement,
qui
fut celui de tous ses successeurs, jusqu'au milieu du XXème
siècle.
Puis pendant les derniers soubresauts de la Vendée, le Puy du Fou fut le théâtre d'un combat entre
Vendéens et Républicains.
Le général Travot écrivait le 9 novembre 1799, que la Guerre de Vendée était terminée.
C'était faux puisque le dernier épisode se déroula au Puy du Fou.
Les
armées
vendéennes
avaient
été
écrasées
aux
Aubiers
et
seul
Joseph-Gabriel-Toussaint
Grignon,
marquis
de
Pouzauges,
dernier
chef
de
l'Armée
du
Centre, continua la lutte.
A la tête de huit cent hommes, le 13 novembre 1799, il battra à plates coutures à La Flocellière l'armée
républicaine cantonnée à Pouzauges.
Le lendemain, il se dirige vers le Puy du Fou en passant par les Epesses.
Les républicains battus la veille à La Flocellière, renforcés d'une petite troupe venue de La Châtaigneraie, le
poursuivent.
Grignon a laissé une douzaine d'hommes aux Epesses avec mission d'attirer les ennemis sur le gros de sa
troupe embusquée dans les bois du Puy du Fou.
A la vue des Républicains, les hommes de Grignon s'enfuient.
Les premiers les poursuivent et tombent dans l'embuscade tendue par les Vendéens dans le bois du Puy du Fou.
Ce combat dure environ un quart d'heure, mais une trentaine de Bleus, dont le capitaine qui les commandait sont tués, les autres s'enfuient.
Ce
fut
la
dernière
victoire
Vendéenne.
Les amis
de
Chenuau
diront
plus
tard
que
les
Bleus
faits
prisonniers,
furent
massacrés
par
les
Vendéens
dans
le
bourg des Epesses.
Quatre jours plus tard, le marquis de Grignon tombera dans une embuscade au bourg de Chambretaud.
La Guerre de Vendée était terminée.
Et la vie reprit peu à peu au Puy du Fou.
Clément-François-Charles
de
L'Averdy
(1724-1793),
le
guillotiné
du
23
novembre
1793
avait
eu
trois
filles,
dont
l'une
mariée
en
1783
au
marquis
Louis-François
Godard
de
Belbœuf
(1730-
1808),
qui
ayant
servi
de
prête-nom
à
son
beau-père
pour
l'achat
du
Puy
du
Fou,
devint
peu
à
peu,
par
suite
de
rachats
à
ses
sœurs
:
Mesdames
de
la
Briffe
et
de
Semaisons,
l'unique
propriétaire du domaine.
Les
Belbœuf
habitaient
le
château
du
même
nom
près
de
Rouen
et
une
active
correspondance
s'échangeait
entre eux et le régisseur Lelièvre.
Il
y
est
question
de
fermages
qui
rentrent
peu,
de
la
restauration
des
métairies
endommagées
par
la
Guerre
de
Vendée
:
le
Grand
Bignon,
la
Garouflère,
la
Ménantrie,
la
Jaubretière,
le
Pressou, Yagues, le Fossé.
Devenu
inutile,
restreint
à
un
rôle
de
symbole
déformé
dans
l'esprit
des
volontaires
parisiens,
le
château ne pouvait être qu'une cible facile et sans grand danger pour les incendiaires.
Puis, destin commun aux chefs-d'œuvre en péril, il offrit ses cicatrices aux villageois ayant leur foyer à
construire ou à reconstruire.
Triste dépeçage justifié par les nécessités d'un pays exsangue aux survivants hagards.
Mais
les
Vendéens,
peuple
secret,
peuple
généreux
et
méfiant,
se
renfermeront
derrière
une
pudeur
qui
en
fait
des
géants
et
ne
parleront
plus
de
ce
qu'ils
n'oublieront jamais.
La
nuit
du
24
au
25
janvier
1799,
sous
l'effet
d'un
tremblement
de
terre,
ces
pavillons
se
sont
écroulés
comme
de
nombreux
édifices,
églises
et
autres
ébranlés en Vendée.
En
1810,
M.
Poëy
d'Avant
(1792-1864),
visitait
ces
ruines
et
il
y
voyait
quelques
vestiges
de
tours
qu'il
nommera
'Pavillon
anglais",
ou
Pavillon
de
renaud
du
Puy du Fou".
Pavillon "anglais", pavillon de "Renaud du Puy du Fou", mais pourquoi ?
Peut-être en raison de la démolition du Vieux Puy du Fou par les Anglais.
Peut-être
aussi
du
fait
que
bon
nombre
de
matériaux
de
ce
Vieux
Puy
du
Fou,
probablement
construit
par
Renaud,
servirent
à
la
construction
de
ce
nouveau
château.
Comme
il
est
dit
en
plusieurs
aveux,
notamment
en
celui
du
9
janvier
1784,
rendu
à
Mortagne
pour
le
Vieux
Puy
du
Fou
et
ses
dépendances
"Lequel
dit
chasteau nouveau a été bâti et construit d'après les démolitions dudit vieux château du Puy du Fou".
Il en reste aussi le bâtiment carré, qui se voit en entrant dans la cour du
Puy du Fou; à gauche, flanqué de deux tours à pans coupés.
L'une renferme un escalier desservant les étages.
Ce bâtiment fortement remanié conserve sa porte en plein cintre, et à l'intérieur, un ou deux
corbelets
(pièce
de
bois
ou
de
pierre
en
saillie
sur
un
mur)
semblant
provenir
de
l'ancien
château.
Le mur semble avoir été refait à une époque relativement récente.
A
l'intérieur,
dans
un
angle,
une
porte
dont
la
feuillure
prouve
qu'elle
devait
desservir
une
partie
de
bâtiment aujourd'hui disparue.
Puis
une
génoise
(fermeture
d'avant-toit
formée
de
plusieurs
rangs
pour
éloigner
les
eaux
de
ruissellement
de
la
façade)
faite
de
tuiles
renversées,
doit
dater
de
la
restauration
survenue
après le tremblement de terre
ce 1799.
Une
partie
des
murs
de
la
grande
galerie
proviennent
probablement
du
château
du
15ème,
comme
la
petite
tour
carrée
à
mâchicoulis,
qui
se
trouve
près
du
portail
actuel
et
l'éparons
de
l'angle extérieur Sud-est, qui ont toutes les apparences des constructions du 15ème siècle.
Ce
château
devait
être
doté
de
souterrains,
comme
tous
les
châteaux
défensifs
de
cette
époque.
L'un d'eux
traverse
la
cour,
allant
du
grand
corps
de
logis
vers
le
porche
d'entrée
de
la
cour.
Tout un
réseau
d'égouts,
de
passages
souterrains
passe
sous
les
bâtiments
actuels
et
semble aboutir à la dénivellation de terrain bordant la grande galerie à l'extérieur.
Certains écrits mentionnent deux souterrains dont l'un se dirigerait vers l'Ouest, l'autre vers l'Est.
Mais cela est une autre histoire.
P.
Lelièvre
y
découvrait
la
base
de
quelques
tours
"dénotant
l'architecture
militaire
du
Xème
ou
du XIème
siècle.
Pendant un siècle et demi, les murs du Puy du Fou braveront un destin scellé d'avance.
Le 30 août 1813, Monsieur de Belbœuf écrit :
"Je n'ay pas vu la grande armoire du Puy du Fou.
Je vous exhorte à avoir bien soin des papiers, de l'ouvrir dans les beaux temps, pour les bien sécher et conserver..."
.
Son beau-frère, Monsieur de la Briffe étant devenu veuf, Madame de Belbœuf écrit à Lelièvre :
"Monsieur de la Briffe est remarié à Mademoiselle de Canclaux ...
Elle est riche aujourd'hui et le sera encore
beaucoup plus à la mort de son père qui a 76
ans.
L'auteur a été général de la République dans la Vendée.
Avez-vous quelques moyens de savoir comment il s'y est conduit, ceci pour moi seule...".
Canclaux
(1740-1817)
fut un adversaire acharné des Vendéens.
Du
mariage
Belbœuf
-
de
L'Averdy
naquirent
quatre
enfants
dont
Antoine-Louis-René-Joseph,
et
Augustine-Elisabeth, qui épouse en 1818, Alexandre Huchet de Quennetain.
Ils
se
partagent
le
domaine
du
Puy
du
Fou
et
en
1851,
Antoine
Godard
de
Belbœuf
vend
sa
part,
soit
le
Puy
du
Fou,
les
ruines
du
château
de
Mallièvre
et
une
dizaine
de
métairies
aux
alentours,
à son neveu Ange
Louis-Alexandre Huchet de Quennetain.
C'est ce dernier qui entreprit la restauration du château.
Il fit
reconstruire
la
salle
des
gardes,
la
chapelle
et
le
grand
degré,
en
confia
l'exécution
à
un
architecte nantais, Monsieur Fraboulet, qui ne respecta pas le
plan
primitif,
puisqu'il
ajouta
à
ce
bâtiment,
sur
l'arrière,
un
pavillon
supplémentaire
et
une
haute
toiture d'ardoises.
Il
s'y
ruina
presque,
puisqu'à
l'époque
ces
travaux
lui
coûtèrent
plus
d'un
million,
somme
énorme
pour le temps, mais cette partie était sauvée de la ruine.
En
1881,
Octave
de
Rochebrune
(1824-1900)
voyait
lui
aussi
une
forme
carrée
avec
tours
aux
angles,
et
les
traces
de
deux
fossés
concentriques,
dont
le
second pouvait se remplir d'eau à volonté au moyen d'une chaussée.
En 1892, l'abbé Pondevie, auteur des Chroniques Paroissiales du Diocèse de Luçon, écrivait :
"C'est une enceinte en forme de carré long irrégulier, avec tours aux angles.
Elle semble être du XIIIème ou du XIVème siècle.
Un
premier
fossé
l'entourait,
plus
bas
un
système
défensif
était
complété
par
un
second
fossé,
plus large,
rempli d'eau à volonté au moyen d'une chaussée ".
Le
Puy
du
Fou
resta
dans
la
famille
de
Quennetain
jusqu'en
1949,
date
à
laquelle
il
fut
vendu
à
Maître
Savard, notaire à Bressuire.
Il
fit
de
nombreux
aménagements
pour
rendre
l'aile
gauche
habitable
et
remit
en
eau
le
grand
étang dans
lequel se reflète la façade arrière.
Il rétablit l'étang à la place qu'il occupait au pied de la terrasse.
La
cour
d'honneur
est
réhabilitée
et
une
partie
du
bâtiment
est
remis
à
neuf
pour
y
être
habités.
En
1962,
le
château
sera,
Louis
Savard,
sous
l'impulsion de classer comme monument historique.
En 1974, sous l'impulsion de Jacques De Villiers, il fut acquis par le Département de la Vendée en fit le Centre Culturel de la Haute-Vendée.
La restauration est entreprise.
Le Puy du Fou est sauvé et voilà terminée l'histoire de ce haut-lieu, depuis la nuit des temps jusqu'à nos jours.
Il
faut
attendre
l'année
1977
(année
de
mise
en
vente
du
château)
,
pour
qu'il
soit
remarqué
par
un
architecte
des
Bâtiments
de
France
qui
en
signala
l'intérêt
au Conseil général de Vendée.
A cette date, le Puy du Fou est une carcasse décharnée.
D'un aspect imprévu, le château enchante l'œil.
Face au couchant, des pans de murs ruinés baignent dans des flaques de boue.
Le granit roux des Mauges aux gros grains de mica, les tuiles creuses, les briques roses, donne à l'ensemble une allure sobre et élégante.
Les tons pastel des tuiles et des briques tranchent habilement sur le granit.
Et lorsque le soleil, dans un ciel bleu de mer, éclaire sa façade, le Puy du Fou rayonne de pureté.
Les blocs de granit s'écartent sous la
pression des racines sauvages et des paquets d'herbes folles.
Sur les caissons Renaissance, une pellicule verte, algue ou champignon, retenait une humidité sournoise qui pénétrait la pierre.
La grande cour intérieure donnait des allures de grosse ferme.
Les blocs de granit s'écartaient sous la pression des racines sauvages et des paquets d'herbes folles.
Lente
érosion
des
souvenirs
et
des
pierres,
jusqu'au
jour
où
en
1978,
une
nouvelle
aventure
attend
le
château
dont
le
nom
secret
provoque
à
lui
seul
l'enchantement.
Le
13
juin
1977,
un
jeune
homme
de
vingt-sept
ans
frappe
à
la
porte
de
l'aile
gauche
du
château
et
Gustave,
le
régisseur,
lui
ouvre
la
porte
de
ce
qui
deviendra la toile de fond du plus beau spectacle au monde
(la cinéscénie).
Une
multitude
d'actions
et
de
créations
allait
éclore
spontanément
du
savoir
faire
des
acteurs
du
"Spectacle
du
Puy
du
Fou",
car
le
creuset
est
né
dans
les
textes et les images de ce fils du pays, Philippe de Villiers, et
grâce à l'Association pour la mise en valeur du château et du pays du Puy du Fou.
Les répétitions de 1978 prouvaient immédiatement qu'un nouveau mode d'expression est né.
Il s'appellerait "Cinéscénie", cinéma vivant de plein air, en direct, animés par des acteurs qui se souviennent
et refont les gestes de leurs anciens.
Fêtes
et
labeurs
autour
des
quintaines
du
Moyen
Age,
danses
et
travaux
des
champs
le
long
du
passage
légendaire
de
François
Ier
au
château,
saines
colères pour la liberté de croire et de penser, modernismes et
guerres mondiales.
Fil conducteur, témoin immuable de tous les temps : le paysan vendéen, Jacques Maupillier.
Un
symbole
parmi
des
millions
d'ancêtres,
hier
la
faux
à
la
main
et
aujourd'hui
manipulant
des
amplificateurs,
des
lasers,
des
jets
d'eau
ou
de
géantes
brioches.
Mais revenons un court instant à François 1
er
du Puy du Fou et à Anne BOUER.
Tout
deux
ont
eu
sept
enfants
dont
Catherine
du
Puy
du
Fou
qui
se
maria
le
5
septembre
1516
avec
un
certain
"Robert
II
de
Villiers",
branche
portant
le
nom
qui s'éteindra en 1833.
Probablement un petit clin d'œil de l'histoire !!