A
l'origine
modeste
Seigneurie,
la
Maison
du
Puy
du
Fou,
a
laissé
aux
Epesses
les
traces
indélébiles
de
sa
glorieuse
ascension
jusqu'au
rang
de
Baronnie,
et
si
l'on
en
croit
Gabriel
du
Puy
du
Fou,
ce
grand
domaine
aurait
régné
sur
4
châtellenies
et
360
fiefs
nobles
avant
de
sombrer
dans
l'oubli,
et
ensuite
en
1977,
de
renaître de ses cendres en devenant un pôle d'attraction touristique mondial.
Mais d'où vient ce nom et…. qui sont-ils ?
On
songe
à
quelque
lieu
étrange
enrobé
d'un
puissant
mystère,
dont
l'origine
nous
plongerait
au
cœur
d'une
histoire lointaine et tourmentée.
Le détour toponymique nous aide à en comprendre le sens exact.
La première partie du mot ne fait de doute pour personne.
Le mot "puy" a des équivalents différents selon les régions.
Ainsi, on dit poët dans le dauphiné, puech, puèg, pioch ou puòg en Occitanie, Puig en Catalogne...
Le
mot
"Puy"
est
un
nom
devenu
commun
en
France,
(Puy
de
Dôme,
Puy
de
Sancy,
Le
Puy...),
et
en
particulier
dans
le
Haut
Bocage
Vendéen
(Puy
Crapaud,
Puy
Papin,
Puy
Crotte...),
vient
du
mot
latin podium (terrasse, estrade, soubassement d'édifice, et par analogie, éminence, lieu élevé).
Le mot "fou" qui y fut accolé prête à plus de fantaisie.
Mais
si
l'on
se
rapporte
à
des
auteurs
comme
Dauzat,
on
s'aperçoit
qu'il
s'agit
de
l'ancienne
désignation
du
hêtre
:
"fagus",
"fouteau","Fayard"
vient
du
latin
"fagus",
donnant
Fau,
Fou,
Le
Faouet, La Fage, fouet, fouine.
Le mot "hêtre" est un nom germanique apparu au XIIIe siècle.
Le substantif qui le caractérise, facile à traduire désigne un arbre, plus précisément un hêtre.
Un demi-siècle avant Jésus-Christ, lors de l'occupation romaine, cette colline devait être boisée.
Une carte ancienne mentionne "Pagus Teifalgicus".
Plusieurs
hêtres
devaient
dominer
alors
le
paysage
ou
peut-être
un
seul
dans
toute
cette
région
qui
par
sa
rareté,
ses
proportions,
était
considéré
comme
un
arbre
sacré.
L'histoire est assez imprécise et le lieu garde encore tout son mystère.
Il
faut
bien
dire
que
le
Château
du
Puy
du
Fou
était
alors
le
siège
de
légendes
et
d'anecdotes
peu
flatteuses.
Mais le château du Puy du Fou est le présent lié au passé.
Fort
de
cette
interprétation,
on
a
admis
généralement
que
le
"Puy
du
Fou"
désignait
une
élévation
couverte de hêtres.
Dans
un
vieil
acte
de
fondation
trouvé
dans
le
chartrier
de
ROCHETEMER
en
les
HERBIERS,
et
datant du "lundi d'avant la Toussaint 1358", on trouve "Dame Catherine Dau Puy dau Fo".
Mais
il
ne
faut
pas
oublier
que
dans
la
langue
vulgaire,
mélange
de
Français,
de
Latin
et
de
Patois,
et
jusqu'au siècle dernier, LE PUY DU FOU se prononçait "PIED DAU FU".
LE
FU
désigne
le
Feu,
Feu
Sacré,
le
Soleil,
le
premier
dieu
adoré
chaque
matin
sur
cette
colline
par
nos lointaines ancêtres, où s'élèvera : "LE VIEIL PUY DU FOU".
Colline
où
devaient
brûler
les
feux
de
l'ancienne
Fête
Gauloise
du
soleil,
transformés
par
la
Religion
Catholique en les FEUX DE LA SAINT-JEAN.
N'oublions pas que nos lointains ancêtres étaient de fervents adorateurs du "Dieu Soleil".
Ce
Soleil
que
les
habitants
du
Bourg
Bérard
voyaient
chaque
matin
se
lever
sur
cette
colline
où
plus
tard s'élèvera le premier Puy du Fou.
Le
Soleil
que
nos
ancêtres
appelaient
"Bel"
ou
"Belen",
et
auxquels
de
nombreux
lieux-dits
sont
consacrés.
N'avons-nous
pas
jouxtant
le
Puy
du
Fou,
le
lieu-dit
de
"Belair",
lieu
consacré
au
Dieu
"Bel",
le
Grand Dieu Solaire.
Les
Irlandais
lui
consacraient
la
Fête
du
1er
Mai,
ou
"Beltaine"
(Feu
de
Bel),
et
la
plupart
des
hauts
lieux lui étaient réservés.
Dans
la
nuit
du
Noël
chrétien,
qui
correspondait
à
la
nuit
du
solstice
d'hiver,
les
Gaulois
allumaient
des feux sur les lieux élevés en l'honneur du Dieu Soleil.
Peut-être
eut-il
sur
la
colline
du
Vieux
Puy
du
Fou,
des
feux
autour
desquels
des
danses
rituelles
se
déroulaient toute la nuit.
La nuit du 1er au 2 novembre, Fête du Feu était aussi la Fête des Défunts, les feux de la Saint-Jean.
Ce culte "Solaire" a laissé des traces profondes dans les noms de lieux de notre région.
Les innombrables toponymes qu'on peut trouver dans notre Haut-Bocage, sont bien en rapport avec le Soleil.
Cette région du Puy du Fou, des Herbiers, est-ce "Le Pays du Soleil" ?
Alors, le PUY DU FOU, Colline du Soleil, Colline du Feu ou Somme des hêtres ?
Chacun peut exposer son opinion sur le sujet, mais la question reste posée !
Si
le
nom
Puy
du
Fou
est
parvenu
jusqu'à
nous,
c'est
grâce
aux
ruines
majestueuses
d'un
extraordinaire
"Château
Renaissance"
perdu
dans
un
fond
de
campagne
du
bocage vendéen, aux Epesses.
Les propriétaires de cette splendide demeure, étaient gens connus.
Mais une question s'impose.
Est-ce le lieu que donna son nom aux premiers seigneurs qui en furent propriétaires ?
Ou ceux-ci l'imposèrent-ils le leur à la seigneurie ?
Lorsqu'on se penche sur l'étymologie du Puy du Fou, on s'aperçoit qu'il s'agit bien là d'un nom de lieu.
Les lieux ont laissé trace dans l'histoire sous le nom de Seigneurs du Puy du Fou.
Ces
gens,
de
la
plus
authentique
noblesse
d'épée,
se
sont
maintes
fois
illustrés
au
service
du
Roi.
Mais
l'éclat
de
leur
Maison
s'est
surtout
accru
grâce
aux
brillantes
alliances
contractées
avec
les
plus
grandes
familles
du
Royaume
:
les
Châteaubriant,
les
d'Amboise,
Parthenay,
les
Lenoncourt,
les
Montmorency-Laval,
les
La
Rochefoucauld, les Lévis Mirepoix.
A
une
époque
où
les
noms
de
famille
se
cherchaient
encore,
ils
ont
tiré
le
leur
d'une
terre
située
sur
la commune des Epesses.
Jusqu'à
la
fin
des
années
1980,
et
pour
les
premiers
degrés
de
l'arbre,
il
est
difficile
d'établir
une
généalogie fiable et ce, pour plusieurs raisons :
Pour
chaque
seigneur
présenté,
il
est
très
ardu
de
savoir
de
façon
certaine
de
qui
il
est
le
fils,
et
quels sont ses enfants, avec des prénoms qui reviennent souvent : Jean... Pierre... Guy...
Le
mode
de
succession
en
usage
dans
le
pays,
et
que
l'on
dénomme
"La
Coutume
du
Poitou",
est
difficile
à
suivre
:
s'il
y
avait
plusieurs
frères,
ils
héritaient
du
nom,
du
titre
et
de
la
terre,
les
uns
après
les
autres,
et
les
enfants
de
l'aîné
n'y
avaient
droit
que
par
le
décès
du
dernier
de
leurs
oncles.
Les
filles
n'héritaient
que
pour
un
quart,
et
les
enfants
de
l'aîné
n'avaient
que
les
meubles
...
Ainsi
la
terre restait dans la famille.
Cependant quatre tables généalogiques originales, et indépendantes les unes des autres, établissent un arbre "crédible" :
Celle de "Gabriel du Puy du Fou" en 1668, de "Du Paz" en 1637, de "La Flocellière" en 1654 et enfin celle de "Léran" en 1661.
Le
Chanoine
Eugène
DERIEZ,
au
terme
d'une
savante
étude
très
précise,
persiste
à
penser
que
les
tables
sont
vraies,
malgré
certaines
invraisemblances,
tout
au
moins celle de Gabriel du Puy du Fou.
Il
note
cependant
qu'il
est
quasiment
impossible
de
remonter
la
filiation
d'une
manière
claire
et
parle
même
d'écheveau,
voir
de
grand
un
écheveau
que
personne
n'a
encore pu débrouiller.
Mais,
à
l'heure
où
nous
parlons,
et
grâce
aux
progrès
informatiques
et
le
partage
de
données
sur
internet
le
tout
associés
aux
chercheurs
passionnés
par
cette
science, il est possible d'affirmer que nous pouvons établir une généalogie correcte à 99%.
Avec
les
mémoires
de
Gilbert
du
Puy
du
Fou
et
les
différents
aveux,
nous
avons
un
arbre
généalogique
relativement
fiable
sur
la
présence
des
Puy
du
Fou
en
ses
lieux et ce en commençant avec :
Renaud du Puy du Fou (1140 - 1170).
Renaud II ou René du Puy du Fou (1170 - 1214) - Épouse. av. 1197 Adèle de Thouars (1174 - 1205).
Philippe du Puy du Fou (1200 - 1230) - ép. 1223 Isabelle de Parthenay (1200 -1258).
Guyon du Puy du Fou (1230 - 1265) - ép. Jeanne de Vivonne (1240 - 1273).
Jean I du Puy du Fou (1265 - 1305) - ép. Jeanne de la Haye-Passavant (1275 - 1305).
Jean II du Puy du Fou (1300 - 1346) - ép. Catherine Fort (1300 - 1361).
Aimery (xxxx - 1380) - ép. Blanche de Grailly (xxxx -xxxx)
Jean III (xxxx - 1448) - ép. Blanche Dauphine (xxxx - xxxx)
Guyon (Guy II) du Puy du Fou (1375 - 1453) - ép. Isabeau de Châteaubriand (1365 - 1410).
Jacques (1405-28/7/1488) ép. 11/2/1434 Louise de la Roche (1410 - 1472).
François I du Puy du Fou (1435 - 1527).
ép. 27/11/1455 Marguerite Harpedane de Belleville (20/7/1455 - 1491).
ép. 02/01/1493 Anne Bouer (1452 - 1501)
François II du Puy du Fou (1495 - 1548) ép. Catherine de Laval (1499 - 1584).
René I du Puy du Fou (1520 - 1566) ép. 1559 Catherine de la Rochefoucault (1528 - 1577).
Gilbert du Puy du Fou (1558 - 1609) ép. 1595 Philippe de Châteaubriand (1578 - 1666).
René II du Puy du Fou (1595 - 1642) ép.1609 Diane de la Touche (1557-1617).
Gabriel du Puy du Fou (1615 - 1659) ép. 1630 Madeleine de Bellièvre (1611 - 7/3/1696).
A ce stade, nous sommes partis avec Renaud 1er du Puy du Fou….
Mais d'où vient-il ?
Qui sont ses parents et quelles sont les différentes alliances familiales le précédent ?
Après de longues recherches, je suis remonté jusque Renaud de Mortagne (né en 905).
Dans ses filiations, on remarque un dénommé :
Guillaume Taillefer de Pouzauges (985 - ?) épousant en 1014 - Dame Mahaut de Mortagne du Puy du Fou (990 - ?)
Par la suite le nom du Puy du Fou deviendra le nom de famille des enfants.
Renaud 1er (1140-1170) premier Seigneur reconnu comme occupant des lieux serait-il vraiment le fruit de cette lignée… ?
Le seul souci, c'est qu'il n'ya pas de connexion familiale entre la branche de "Dame Mahaut de Mortagne du Puy du Fou" et la branche de "Renaud 1er."
Dans d'autres écrit, nous retrouvons aussi un dénommé Wilhem de PEUDUFOU.
Mais qui est ce Wilhem ?
Est-il un homme d'église ?
Nous savons qu'un "Wilhem de Peudufou" a été Evêque de Poitiers
Le
nom
de
Wilhem
de
PEUDUFOU
est
lié
avec
la
fondation
de
L'ABBAYE
CISTERCIENNE
DE
TRIZAY
dont
une
église
était
déjà
à cet endroit en 1084.
C'est en 1117 qu'Hervé de Mareuil, voulant se mettre en règle avec le ciel et assurer son salut et celui de sa famille fonde le prieuré.
En 1124, Guillaume, évêque de Poitiers, confirmera que dans l'acte de fondation apparait le nom de "Willemi du Pui dufou".
Ce prieuré recevra des terres et des vignes (Le coteaux de Trizay) et à son extrémité de ses limites se trouvent les terres et les vignes de Wilhem de PEUDUFOU.
Venant de la charte de fondation du prieuré
"Totam quoque terramet vines Willehmi de Peudufou ultra finen abbatiae versus méridiem"
Nous
savons
aussi
que
Renaud
du
Puy
du
Fou
allait
passer
quelques
jours
de
retraite
à
l'abbaye
surtout au moment des vendanges et au soutirage du vin.
Tradition de famille en souvenirs de Wilhem.
Alors Renaud et Wilhem sont-ils de la même famille ?
Toujours
est-il
que
les
armoiries
de
Wilhem
(Trois
faucons
ou
merlette
et
un
franc
canton
–
carré
dans le coin supérieur gauche) seront celles des Puy du Fou jusqu'en 1250.
Cet
ancien
sceau
fera
beaucoup
parler
car
il
ressemble
à
celui
qu'utilisaient
les
THOUARS
lorsqu'ils
n'étaient pas encore des vicomtes comme par exemples
AIMERY IX.
A partir de cette date viendront les Macles d'argent.
Est-ce là aussi le fruit d'alliances avec d'autre famille ?
Une parenthèse s'impose concernant les Macles.
Après
recherche
dans
les
vieux
livres
présents
aux
archives
nationales
de
France,
on
s'aperçoit
que
les macles sont "Or.
Cette
observation
se
confirme
à
plusieurs
endroits
dans
l'église
"Notre
Dame"
des
Epesses,
où
certaines macles sont bien "Or".
La première question qui s'impose, pourquoi le changement de couleur….?
Curieusement,
on
retrouve
les
même
Macles
d'argent
dans
une
petite
ville
qu'est
CHÊNEE
en
Belgique.
A
l'époque,
c'était
aussi
un
nœud
économique
important
attestée
pour
la
première
fois
au
XIIème
siècle dans une charte, sous l'appellation "Kesneies".
Devant toutes ces énigmes, devons-nous revenir aux coutumes de succession de l'époque ?
Les
armoiries
du
Puy
du
Fou
se
voient
partout
aux
Epesses,
tant
au
château
du
Puy
du
Fou
qu'à
l'église paroissiale et à la chapelle Saint-Jean.
Elles sont connues de tous et se lisent ainsi :
De gueules (rouge) à trois mascles (losanges évidés) d'argent, posées deux en chef et une en pointe.
Ces
armoiries
semblent
signifier
que
les
Puy
du
Fou
n'ont
pas
été
avare
de
leur
sang,
qu'ils
l'ont
versé
généreusement
sur
nombre
de
champs
de
bataille,
tant
et
tant
que
leur
bouclier
en
a
été
couvert
de
coups
(de
gueules)
;
qu'ils
ont
reçu
plus
d'une
blessure
dans
les
combats
et
leur
bouclier
plus d'une entaille.
Ce
que
signifient,
à
proprement
parler,
les
mascles
qui
meublent
leur
blason
(mascle,
du
latin,
macula, tache, déchirure, entaille, blessure).
Ces
armoiries
étaient
jadis
timbrées
d'un
casque,
dont
le
cimier
s'ornait
d'une
"mélusine"
pour
la
raison que voici :
"L'estime que les Seigneurs du Puy du Fou ont fait de leurs alliances par mariages avec la Maison
de Lusignan leur a fait adopter pour cimier une Mélusine".
Les Puy du Fou ne sont pas les seuls à avoir arboré ce singulier cimier.
Plusieurs autres familles du Poitou en ont fait autant, sans beaucoup plus de raisons peut-être !
Dans
les
derniers
temps,
au
XVIIème
siècle,
ce
cimier
se
composait
d'un
aigle
en
vol,
posé
sur
un
casque de marquis sommé de la couronne comtale.
Cet aigle portait au bec la bannière des Puy du Fou.
Quant aux supports, ceux-ci sont tantôt des aigles, parfois des léopards, mais le plus souvent des anges que, dans ce cas, on appelle des tenants.
Ces anges portent la cotte d'armes aux armoiries des Puy du Fou :
"Pour marque de leur dévotion et de la confiance qu'ils (les Puy du Fou) ont en leur protection".
Les seigneurs du Puy du Fou avaient une devise.
Devise laconique et demeurant assez énigmatique :
"C'EST A JAMAIS."
Devise
qui
peut
vouloir
dire
qu'une
fois
qu'ils
ont
adopté
une
ligne
de
conduite,
les
Puy
du
Fou
ne
s'en
séparent
pas
et
qu'il n'y a plus à y revenir, que c'est à jamais, enfin !
Interprétée
ainsi,
cette
devise
conviendrait
assez
bien
aux
Puy
du
Fou,
dont
le
trait
distinctif
paraît
bien
d'avoir
toujours
tenu, au cours des siècles, une ligne de conduite uniforme et inconditionnelle.
Fidélité à Dieu (avec le symbole de l'eau du baptême) et au Roi (engagement au combat pour la liberté).
Une fidélité dont ils ne se sont jamais séparés.