Le site de Domremy-la-Pucelle est l'un des lieux les plus visités des Vosges.
Le
nom
de
Domrémy
apparait
pour
la
première
fois
dans
une
charte
du
milieu
du
XIe
siècle.
L'origine de ce nom provient bien sûr de Saint Remy.
Le titre "Dominus" était le titre employé pour désigner un Saint.
Le village est nommé en latin Dompnus Remigius, en français Domprémy.
Le
Moyen
Âge
était
une
période
troublée
par
les
guerres,
raids,
rapines,
exactions
de
toutes
sortes,
et
on
est
en
droit
de
penser
que
ce
village
marquant
la
séparation
entre
deux territoires n'a pas dû échapper à de nombreux passages de troupes ennemies.
Administrativement
et
politiquement,
le
village
était
divisé
en
deux
parties
et
chacune
de
ces parties dépendaient d'une autorité différente.
La
partie
nord
de
Domrémy
comprenait
l'église
et
la
maison
de
Jeanne
d'Arc
ainsi
que
le
village
de
Greux
appartenait
depuis
le
début
du
XVe
siècle
(entre
1392
et
1407)
à
la
couronne de France.
La
partie
sud,
la
plus
importante,
comptait
le
château
de
l'Isle
(déjà
en
ruines
dès
le
XVIe
siècle,
et
disparu
de
nos
jours)
qui
appartenait
à
Jeanne
de
Joinville
–
Comtesse
de
March
(1286-1356),
prévôté
de
Gondrecourt,
baillage
de
Lamarche,
duché
de
Bar
(Partie
anglaise).
La "frontière" entre les deux Domrémy était formée par le ruisseau des 3 fontaines.
C'est
à
cet
endroit
et
dans
une
modeste
maison
qu'est
née
Jeanne
d'Arc
vers
1412
(pendant
la
guerre
de
cent
ans
1337-1453),
aujourd'hui,
un
lieu
riche
en
histoire
et
incontournable.
La
maison
natale
de
Jeanne
d'Arc,
identifiée
comme
telle
dès
le
XVe
siècle
(Jeanne
d'Arc
la
décrit
précisément
lors
de
son
procès),
est
à
l'origine
une
maison
d'habitation
familiale
d'un
domaine
de
20
hectares
de
Jacques
d'Arc
(1375-1431),
laboureur
aisé
et
notable
de
la commune, et son épouse Isabelle Rommée (1377-1458).
Ouvrons
une
parenthèse
:
le
terme
laboureur
n'a
au
Moyen
Âge
aucunement
le
sens
qu'on lui donne aujourd'hui...
Un
"
laboureur
ou
laboureux
"
est
simplement
une
personne
exerçant
un
métier
et
pas
forcément un travailleur de la terre !
Jacques
d'Arc,
le
père
de
Jeanne,
venait
de
Ceffonds
(+/-
80
km
de
Domremy),
près
de
Montier-en-Der ou d'Arc-en-Barrois.
Notable de son village, il y remplit les fonctions de doyen entre 1425 et 1427.
Il
est
en
outre
plusieurs
fois
procureur
de
son
village
auprès
du
châtelain
de
Vaucouleurs,
Robert de Baudricourt.
Isabelle
Romée,
mère
de
Jeanne,
était
originaire
de
Vouthon,
près
de
Domrémy
par
le
chemin qui passait devant la maison.
Plusieurs
indices
concordants
laissent
penser
qu'elle
appartenait
à
une
famille
plus
aisée
et plus cultivée que celle de son époux.
Elle
porte
un
prénom
et
un
surnom
personnels,
qui
dénotent
certainement
un
goût
avéré
pour les pèlerinages, en particulier à Rome.
A
l'époque,
personne
ne
savait
que
la
maison
de
Jeanne
d'Arc
allait
être
le
début
de
l'histoire de la pucelle et de sa légende !
C'est dans cet endroit qu'elle entend les voix et qu'elle voit ses premières apparitions.
Les
quatre
petites
pièces
intérieures
qui
sont
sobres,
font
revenir
les
visiteurs
au
commencement
de
l'histoire
d'une
simple
jeune
fille
qui
devient
une
héroïne
connue
dans
le monde entier.
Ici,
vous
pouvez
très
bien
imaginer
Jeanne
d'Arc
et
sa
famille
circuler
dans
cette
maison
et y vivre.
La
maison
possède
un
étage
ainsi
qu'un
grenier,
mais
depuis
sa
construction
au
Moyen
Âge, la maison natale de Jeanne d'Arc a été profondément remaniée.
Au fil des siècles, la maison subit des rénovations et des embellissements.
Plafond
à
la
française,
les
dalles
en
pierre,
le
toit
en
appentis
recouvert
de
tuiles
canal
et
la fenêtre à croisée à meneau.
On
la
décore
même
de
sculptures
et
d'inscriptions
en
mémoire
des
hauts
faits
de
Jeanne
d'Arc.
Cette
demeure
vous
entraîne
aussi
dans
un
autre
univers
qui
reflète
la
vie
quotidienne
de
la population au Moyen Âge.
Alors
que
la
façade
retrace
les
six
siècles
d'histoire
du
bâtiment,
ses
quatre
pièces
intérieures,
petites
et
sobres,
invitent
le
visiteur
au
recueillement
sur
les
pas
d'une
jeune
fille comme les autres, devenue une héroïne mondialement connue.
C'est
un
lieu
très
calme
et
reposant
qui
emmène
depuis
toujours
les
visiteurs
à
se
poser
des questions sur la vie de ce personnage emblématique.
Son allure générale, notamment sa toiture à un pan, résulte de cette histoire complexe.
La maison se compose de 4 pièces.
Leur dénomination date de la réouverture au public en 1820.
La chambre natale.
La chambre dite "des frères",
La chambre "des sœurs"
Et le "Cellier".
Aucun
meuble
de
l'époque
de
Jeanne
n'a
été
conservé,
mais
on
peut
supposer
que
la
famille possédait un mobilier très simple comprenant table, coffres et lits.
Après la mort de Jacques d'Arc, Isabelle Romée habita la maisonnette jusque vers 1440.
Elle y mourut en 1458, soit deux ans après la réhabilitation de sa fille.
La
propriété
de
la
maison
de
Jeanne
ne
cessa
d'appartenir
à
ses
neveux
et
arrière-
neveux jusqu'à la mort de Claude du Lys (1452-1525), curé de Greux et de Domrémy.
En
1481,
insertion
d'un
linteau
sculpté,
au-dessus
de
la
porte,
représentant
notamment
les
armes
de
Jeanne
d'Arc
et
celles
de
la
famille
Thiesselin,
à
laquelle
les
descendants
de
Jeanne venaient de s'apparenter par mariage.
En
1586,
la
maison
fut
vendue
à
Louise
de
Stainville
(1514-1586),
comtesse
de
Salm
et
devient la propriété des Princes de Salm.
Au
18ème
siècle,
la
maison
appartient
à
la
famille
Gérardin
(descendant
de
la
famille
de
Jeanne
d'Arc)
qui
fait
construire
un
corps
de
ferme
moderne
sur
l'avant
et
la
maison
natale
de
Jeanne
sert
alors
de
dépendance
agricole,
mais
toujours
visitée
par
les
curieux
de passage.
En
1818,
le
Département
des
Vosges
achète
et
fait
restaurer
la
maison
par
Jean-Baptiste
Prosper
Jollois
(1776-1842),
Ingénieur
en
chef
du
Département
qui
fera
abattre
les
structures agricoles agencées par la famille Gérardin.
En
1820,
fin
des
travaux
de
restauration
et
installation
dans
le
jardin
attenant,
d'un
monument
néoclassique
orné
d'un
buste
de
Jeanne
d'Arc,
financé
par
le
roi
Louis
XVIII
(1755-1824).
Le dallage date du 19ème siècle.
On suppose qu'au Moyen Âge la terre battue prédominait.
L'étage
abritait
probablement
un
grenier,
à
l'époque
de
Jeanne
d'Arc
et
au
19ème
siècle,
il
a été transformé, pour une courte période, en musée.
En
1840,
la
maison
natale
de
Jeanne
d'Arc
est
classée
au
titre
des
monuments
historiques,
sur
proposition
de
l'écrivain
Prosper
Mérimée
(1803-1870),
alors
Inspecteur
des Monuments Historiques.
En 2012, elle obtient le label "Maison des Illustres".
Mais que penser de cette modeste bâtisse ?
Dans
le
livre
de
Prosper-Jollois
(1776-1842),
architecte
en
chef
du
département
des
Vosges, on retrouve en
1821,
une
gravure
représentant
la
maison,
on
aperçoit
le
tympan
sculpté
et
la
statue
au-
dessus de la porte et on peut s'apercevoir qu'il ne s'agit pas de la même construction !
Celle-là
correspond
effectivement
à
une
maison
paysanne
à
deux
travées
construite
par
la
famille Gérardin...
La
vue
de
la
maison
avant
les
travaux
de
"démolition"
engagés
par
Prosper-Jollois,
qui
a
fait raser cette bâtisse, pour ne "conserver" que le bâtiment situé derrière !
On
peut
observer
sur
la
droite
l'église
Saint-Rémy
avant
les
mêmes
travaux
qui
l'ont
complètement dénaturée en 1824 en y modifiant même l'orientation !
Légende
ou
réalité,
endroit
présumé
ou
réel
de
la
naissance
de
Jeanne
d'Arc,
la
maison
n'est pas un musée, mais bien un vestige historique ou plutôt un lieu de recueillement.
Qui
viendra
en
ce
lieu
sera
confronté
à
sa
conviction
et
ouvrira
en
sa
conscience
un
petit
coin de l'histoire de France.
Mais,
vous
serez
vite
séduit
par
cet
univers
sobre
à
proximité
duquel
a
été
créé
le
centre
d'interprétation
qui
propose
à
chacun
d'entre
vous,
un
complément
de
visite
qu'est
la
maison natale de Jeanne d'Arc.
C'est un pan d'histoire du pays qui est ainsi inscrit dans la pierre.