Je suis Renaud du Puy du Fou…
Approchez…
Je
suis
Renaud
1er
du
Puy
du
Fou,
seigneur
du
bocage
vendéen,
bâtisseur
de
pierre
et
gardien
de
ces
terres depuis près d’un millénaire.
Mon nom s’est perdu dans les archives, mais mes murs, eux, se souviennent encore.
Je suis né dans un temps de fer et de feu.
Lorsque j’ai pris possession de ces terres, le monde n’était que tourments.
Les
invasions
avaient
ravagé
les
côtes,
les
villages
vivaient
dans
la
crainte,
et
les
seigneurs
du
Poitou
devaient
tenir
leurs domaines comme on tient une forteresse assiégée.
C’était un siècle rude, un siècle où l’on survivait par la force, la foi, et la fidélité.
J’ai dressé mon château comme un défi lancé au chaos.
Avant moi, il n’y avait ici qu’une motte de terre, une palissade de bois battue par les vents. J’ai voulu plus.
J’ai voulu un château de pierre, un rempart contre la peur, un signe que le temps des pillages touchait à sa fin.
Alors j’ai fait bâtir ces murs hexagonaux, ces tourelles élancées, ces doubles fossés qui protégeaient ma seigneurie.
Chaque pierre posée était une victoire sur l’incertitude.
Je n’étais pas un prince…
j’étais un seigneur du bocage.
Je n’avais ni couronne, ni trésors.
J’avais des hommes à protéger, des terres à défendre, des serments à tenir.
Je rendais justice, je veillais aux récoltes, je surveillais les chemins qui traversaient mes bois.
Être seigneur, ce n’était pas régner.
C’était tenir.
Tenir malgré les menaces, tenir malgré les rivalités, tenir pour que la vie continue.
Mon nom s’est mêlé aux légendes.
On m’a parfois confondu avec d’autres Renaud, ceux des chansons de geste, ceux qui chevauchaient Bayard et défiaient les rois.
Je ne suis pas ce héros-là… mais je porte la même aura, la même fidélité, la même obstination.
Et si mon nom résonne encore aujourd’hui, c’est que les siècles ont choisi de ne pas m’oublier.
J’ai bâti une lignée… et un héritage
Après
moi
vinrent
François,
puis
Catherine,
puis
tant
d’autres
qui
portèrent
nos
trois
mâcles
comme un étendard.
Nous n’étions pas les plus puissants, mais nous étions constants.
Nous étions enracinés.
Nous étions du Puy du Fou.
Et puis… vous êtes revenus
Des siècles après ma mort, mes murs brisés ont retrouvé une voix.
Vous avez rallumé les feux, réveillé les légendes, redonné vie à ce nom que j’ai porté avec fierté.
Je ne marche plus sur ces terres… mais je veille encore.
Je
suis
dans
chaque
pierre,
dans
chaque
souffle
du
vent,
dans
chaque
spectacle
où
l’histoire
renaît.
Souvenez-vous…
L’histoire n’est pas faite que de rois et de conquérants.
Elle
est
faite
aussi
de
nous,
les
seigneurs
du
bocage,
les
bâtisseurs
de
pierre,
les
gardiens
de
l’ombre.
Si vous entendez encore mon nom, c’est que la mémoire a choisi de me garder.
Et tant que vos voix s’élèveront dans la nuit, je demeurerai.
Je suis Renaud du Puy du Fou… et ceci est mon histoire.